Acte I : un bilan économique inquiétant
« Nicolas Sarkozy a poursuivi la politique de rigueur et de privatisations de son prédécesseur, en faisant feu de tout bois pour se poser en défenseur des entreprises, comme du consommateur français. Soutenu par une communication frénétique, Nicolas Sarkozy se sera d'abord attaché à réduire le déficit public. Sur le papier, le pari est tenu : dans son projet de budget 2005, M. Sarkozy prévoit un déficit public de 2,9% du PIB. Il a eu la chance de bénéficier du rebond de croissance en 2O04, donc d'un surplus de recettes fiscales, et surtout du versement par EDF et GDF d'une soulte [7 milliards ¤] compensant leur adossement au régime général des retraites, qui compte pour plus de la moitié de cette réduction du déficit. Ce succès politique reste cependant à confirmer dans les faits. Plusieurs économistes voient le budget 2005 comme déjà caduc car fondé sur une hypothèse de croissance, de 2,5% [1,2% réalisés dans les faits], trop optimiste, alors que l'économie a donné des signes d'essoufflement cet automne et que le chômage reste proche des 10%. Apprécié des milieux d'affaires, l'hôte de Bercy se veut aussi le défenseur des classes moyennes. Mais l'opposition qualifie plusieurs de ses mesures fiscales de "cadeaux improductifs" aux ménages les plus aisés, alors que le taux de prélèvements obligatoires a, lui, continué d'augmenter. Le ministre n'a cessé de se présenter comme un homme d'action, un "pragmatique" prêt à utiliser "toutes les bonnes idées", multipliant les déclarations et les visites en province. Au niveau industriel, il a mis sur les rails la privatisation de France Télécom, conclu le changement de statut d'EDF et GDF, et annoncé la privatisation partielle du groupe Areva. Il est intervenu aussi dans le secteur privé, parachevant le sauvetage d'Alstom ou favorisant la fusion Sanofi-Aventis, ce qui lui a valu le reproche de "nationalisme industriel" par les Allemands. Il a également dénoncé avec fermeté les fortes hausses de prix dans la grande distribution ou les banques, et signé des accords avec les professionnels concernés. Mais ses résultats, en terme de baisse de prix, restent marginaux, selon de nombreux économistes. De même, les mesures visant à inciter les ménages à dépenser davantage n'ont pas fait décoller les chiffres de la consommation. » AFP, en 2004